Choisir le bon courtier

Où ouvrir son compte pour investir au meilleur prix ?

Une fois que vous avez choisi votre enveloppe fiscale (le PEA, idéalement) et vos supports (les ETF), il reste une question pratique cruciale : chez qui allez-vous ouvrir votre compte ?.

Le choix du courtier n’est pas une mince affaire. Un Plan d’Épargne en Actions (PEA), on n’a le droit d’en avoir qu’un seul. C’est un produit que vous allez potentiellement garder pendant 15, 20 ou 30 ans. Or, transférer un PEA d’un établissement à un autre est une opération administrative souvent lourde, longue et délicate. Autant ne pas se tromper dès le départ.

Dans ce guide, nous allons comparer les différentes options — des banques traditionnelles aux courtiers spécialisés — pour trouver celle qui correspond le mieux à votre profil d’investisseur.

Le guide complet en vidéo

1. Le piège de la banque habituelle

Le premier réflexe de beaucoup d’épargnants est d’ouvrir leur compte bourse dans leur banque habituelle, celle où ils ont leur compte courant.

Les banques « en dur »

Si vous êtes dans une banque traditionnelle avec des agences physiques (Société Générale, LCL, BNP, etc.), c’est rarement une bonne idée pour vos investissements boursiers. Ces établissements ont des structures de coûts lourdes et proposent généralement des offres peu compétitives avec des tarifs élevés. Entre les commissions d’intervention et les éventuels droits de garde (frais prélevés juste pour détenir vos titres), la facture peut vite grimper et grignoter votre performance sur le long terme.

Les banques en ligne

Si vous utilisez déjà une banque en ligne, la situation est déjà bien meilleure. Les trois acteurs principaux — BoursoBank (filiale de la Société Générale), Fortuneo (Crédit Mutuel) et Hello Bank! (BNP) — proposent des offres assez compétitives. Les frais y sont moins élevés que dans les banques traditionnelles. C’est une option de « confort » tout à fait valable si vous souhaitez centraliser vos comptes au même endroit tout en bénéficiant de tarifs corrects.

2. Les courtiers spécialisés : Le choix de l’optimisation

Le PEA est une enveloppeSi votre objectif est d’optimiser au maximum vos frais et d’accéder à une offre plus large, vous devez regarder du côté des courtiers spécialisés, dont l’unique métier est la bourse.

Caishen : « Attention, pas de jargon non expliqué ! On a dit c’est quoi un « ordre » ? ».

Un ordre est tout simplement une opération d’achat ou de vente. Chaque fois que vous achetez ou vendez une action ou un ETF, vous transmettez un ordre à votre courtier, et c’est sur cette transaction qu’il se rémunère principalement.

Voici les trois courtiers principaux que je conseille de comparer:

Bourse Direct

C’est l’un des leaders historiques en France.

  • Points forts : Des tarifs très bas et une offre très large. C’est souvent le choix préféré des investisseurs qui passent beaucoup d’ordres sur le marché français.
  • Points faibles : L’interface est un peu datée. De plus, les ordres passés sur les bourses étrangères (Allemagne, par exemple) sont un peu plus chers que chez ses concurrents directs.

Saxo Bank

C’est un acteur robuste et reconnu.

  • Points forts : Une interface moderne, des outils d’analyse performants et des tarifs compétitifs. C’est personnellement l’établissement que j’ai choisi pour mon propre PEA.

Interactive Brokers (IBKR)

C’est le géant mondial, souvent considéré comme le moins cher des trois.

  • Points faibles :Votre compte ne sera pas domicilié en France, mais en Irlande. Cela ne change rien à votre fiscalité, mais vous avez l’obligation légale de déclarer l’existence de ce compte étranger à l’administration fiscale chaque année. Cela ne prend que 3 ou 4 minutes lors de votre déclaration de revenus, mais c’est une étape administrative supplémentaire à connaître.

  • Points forts : Une offre gigantesque et des tarifs imbattables.

3. Comment faire votre choix final ?

Pour choisir entre ces acteurs, vous devez regarder leurs grilles tarifaires en fonction de la taille de vos ordres. Le courtier le plus rentable ne sera pas le même si vous passez des ordres de 300 € chaque mois ou si vous investissez 4 000 € d’un coup. Faites vos calculs selon votre capacité d’épargne mensuelle.

Le cas des néo-courtiers et néo-banques

J’écarte volontairement de mes recommandations les néo-courtiers qui affichent des offres « agressives » ou des ordres à 0 €. En apparence gratuits, ces acteurs se rémunèrent souvent par des pratiques qui manquent de transparence vis-à-vis du client. L’Union européenne a d’ailleurs dû intervenir pour encadrer certaines de ces pratiques. Pour un investissement de long terme, la solidité et la clarté de la facturation sont prioritaires sur la fausse promesse de gratuité.

« Le risque vient de ne pas savoir ce que l’on fait. »

– Warren Buffett